Création d'un disque de secours braillifié I. Introduction L'utilisation d'un disque de secours est souvent délicate car il faut donner au moment du démarrage des options pour avoir le braille. Or, on est en clavier « qwerty », on n'a pas le braille et on ne sait pas exactement quand il faut intervenir. En pratique, ces disques sont difficiles à utiliser quand on est aveugle ou malvoyant et qu'on est seul. Il est possible avec le livecd « GRML » (voir ), moyennant une petite manipulation, d'obtenir un disque qui démarre tout seul, sans aucune intervention et qui donne au moins du braille. On peut également choisir la langue et pourquoi pas fixer d'autres paramètres. II. Avertissements 1) Les commandes données ici ne sont bien sûr pas forcément à suivre au pied de la lettre et chacun les adaptera à son cas personnel. En particulier, les commandes seront données pour la version 64 bits ; pour la version 32 bits, il suffit simplement de supprimer ce `64'. 2) Je vais ici décrire la marche à suivre pour une distribution Debian ; en faisant quelques adaptations, il est vraissemblable que cela fonctionne pour des distributions basées Debian. 3) Les lignes de commandes commençant par dièse `#' doivent être exécutées en tant que superutilisateur (root) ; celles commençant par dollar `$' devraient être entrées en tant qu'utilisateur, que nous nommerons bêtment « utilisateur ». Les symboles `#' ou `$' de début de ligne ne font évidemment pas partie de la commande :-) 4) Certains éléments corrects au moment où j'écris ces lignes (décembre 2011) peuvent bien évidemment évoluer dans le temps ; il faudra donc, le cas échéant, s'adapter en fonction des circonstances. 5) Il me semble opportun de créer un répertoire dédié à cette opération : $ mkdir -v ~/grml $ cd ~/grml III. Récupération de l'image iso À l'adresse , vous trouverez six images iso ; deux sont dites « small », deux « medium » ; elles sont à proscrire puisqu'elles ne contiennent pas « brltty ». Les deux dernières, dites « full » ou « normales » sont celles qui nous intéressent. L'une s'appelle actuellement « grml_2011.05.iso » (pour processeur 32 bits), l'autre « grml64_2011.05.iso » (pour processeur 64 bits). Téléchargez celle qui vous convient ainsi que la signature associée, soit depuis votre navigateur, soit par les lignes de commande : $ wget http://download.grml.org/grml64_2011.05.iso $ wget http://download.grml.org/grml64_2011.05.iso.sha1.asc Testez l'intégrité de l'image : $ sha1sum -c grml64_2011.05.iso.sha1.asc Note : en cas d'hésitation entre les deux images, la commande $ lscpu | head -n 2 devrait vous éclairer. IV. Personnalisation La personnalisation de l'image iso se fait grâce au paquet « grml2usb ». La commande suivante permet de savoir si le paquet est ou non déjà installé : $ dpkg -l | grep -Ei "^ii[[:space:]]+grml2usb" Si le paquet est absent, l'installer ainsi que ses dépendances éventuelles, en tant que root, par : # apt-get install grml2usb Le paquet fournit deux utilitaires : « grml2iso » pour personnaliser l'image et « grml2usb » pour personnaliser et créer une clé usb de démarrage. Je n'aborderai pas cet aspect, ne l'ayant jamais pratiqué. Nous n'utiliserons que deux options de « grml2iso » : --l'option `-o' qui permet de fixer le nom de l'image iso personnalisée ; --l'option `-b' qui définit les options de boot ; c'est elle qui nous intéresse vraiment. Pour configurer brltty, on utilisera la forme classique « brltty=driver,device,table ». Les autres options de boot utilisées seront « blind » qui assure qu'on est en console et « lang » qui permet de choisir la langue et l'encodage. La liste complète des options de boot se trouve sur le site de « grml » ou sur l'image iso qu'il faut monter par : # mount -t iso9660 -o loop /home/utilisateur/grml/grml64_2011.05.iso /mnt Dans « /mnt/GRML » on trouve le fichier « grml-cheatcodes.txt » qui contient ces fameuses options, mais aussi « grml64-packages.txt » contenant, quelle surprise, la liste des paquets embarqués. On se place maintenant dans le répertoire créé plus haut : # cd /home/utilisateur/grml et on démonte éventuellement l'image iso : # umount /mnt Pour « grml2iso », la syntaxe minimale est : # grml2iso -o "nom.iso" -b "les options de boot" image.iso où `nom.iso' est le nom de la nouvelle image et `image.iso', l'image de départ téléchargée plus tôt. Possédant une plage Papenmeier connectée par usb et utilisant la table braille `fr_FR.ttb', j'ai tapé la commande : # grml2iso -o "grml64_brl.iso" \ -b "blind brltty=pm,usb:,fr_FR lang=fr-iso" \ ./grml64_2011.05.iso l'option « lang=fr-iso » permet d'obtenir le français avec un encodage iso-8859-15 (latin9) ; « lang=fr » donnerait de l'utf8. Si tout s'est bien passé, il ne reste plus qu'à graver la nouvelle image « grml64_brl.iso ». V. Gravure Je me permets simplement de conseiller d'utiliser le logiciel « cdrskin » ; j'ai personnellement eu beaucoup de disques définitivement abîmés par « wodim » que j'utilisais précédemment. « cdrskin » permet de graver les CD mais aussi les DVD et même les blu-ray (à condition d'avoir le graveur adapté). Enfin, l'option `-minfo' de « cdrskin » donne des informations détaillées sur le support contenu dans le graveur, notament son type : CdR, CDRW, DVD, DVD-RW, etc. VI. Conclusion Il ne vous reste plus qu'à mettre le CD dans le lecteur, redémarrer l'ordinateur et être un peu patient et optimiste...